
Le système PASS/LAS, instauré en 2020, va disparaître. Licence Santé Unique, retour du redoublement, harmonisation nationale : ce qui change, ce qui reste, et ce que ça implique pour toi.

Erwan Peneau
Co-fondateur de Thalia
Depuis 2020, le PASS et la LAS structurent l'entrée dans les études de santé en France. Un système censé corriger les dérives du numerus clausus, ouvrir davantage de passerelles et réduire la pression des étudiants. Cinq ans plus tard, le bilan est sévère : la pression n'a pas diminué, les inégalités ont persisté, et la détresse psychologique des étudiants a atteint des niveaux préoccupants.
Face à ce constat, le Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Santé prépare une refonte majeure du système. Le calendrier a glissé (initialement prévu pour 2026), le basculement est désormais fixé à la rentrée 2027. Mais les grandes lignes sont connues.
Voici ce qui va changer, pourquoi, et ce que ça signifie concrètement si tu entres en première année cette année ou la suivante.
Le modèle 2020 a soulevé des critiques structurelles que cinq années de mise en œuvre n'ont pas résolues.
Une inégalité de charge entre PASS et LAS. Le volume de travail en PASS est significativement supérieur à celui de la LAS, créant des disparités de niveau à l'entrée en deuxième année et alimentant un sentiment d'injustice entre les deux filières.
Une pression psychologique sans filet de sécurité. L'interdiction de redoubler en PASS a transformé chaque session en épreuve existentielle. Les données sont éloquentes.
Selon une enquête de l'ANEMF (2024), 52 % des étudiants en PASS souffrent d'anxiété et 66 % présentent des signes de burn-out. Ces chiffres, publiés dans le dossier de presse de l'ISNI sur la santé mentale des étudiants en santé, illustrent l'ampleur d'une crise que le système actuel a contribué à créer — et qu'il peine à résoudre.
Des inégalités territoriales persistantes. D'une faculté à l'autre, les modalités de sélection (poids des oraux, coefficients, format des épreuves) varient au point qu'un étudiant peut être grand admis dans une ville et éliminé dans une autre avec les mêmes notes. L'équité nationale promise par la réforme 2020 n'a jamais été réellement atteinte.
Une fuite vers l'étranger. Face à un système jugé illisible et traumatisant, un nombre croissant d'étudiants quittent les facultés françaises pour aller étudier la médecine en Espagne, en Roumanie ou au Portugal, où les parcours sont perçus comme plus cohérents et moins aléatoires.
"J'ai fait ma première année en 2020, lors de l'instauration de la réforme PASS/LAS. Très vite, les problèmes sont apparus. Les deuxièmes année nous disaient que c'était mieux avant — pas parce qu'ils idéalisaient le numerus clausus, mais parce que les règles étaient au moins lisibles. Avec le PASS/LAS, on avait l'impression de naviguer dans un système conçu à la hâte, avec des inégalités qui s'étaient simplement déplacées. La pression, elle, était restée intacte."
La mesure centrale de la réforme est la création d'un portail d'accès unique aux études de santé, en remplacement de la distinction PASS/LAS. L'objectif est de supprimer la confusion entre majeures et mineures, et d'harmoniser la charge de travail entre les deux filières actuelles.
Le contenu prévoit un renforcement des enseignements scientifiques fondamentaux (biologie, chimie, physique) pour garantir un socle commun de connaissances à tous les étudiants admis en deuxième année, quelle que soit leur option d'origine.
Le principe de passerelle est maintenu : en cas d'échec, une réorientation vers une L2 classique reste possible, mais dans un cadre mieux défini pour ne pas alourdir inutilement l'emploi du temps des étudiants qui ne souhaitent pas cette option.
C'est probablement la mesure la plus attendue. Les nouveaux décrets prévoient des mécanismes de remédiation permettant aux étudiants dont les résultats sont proches du seuil d'admission de retenter leur chance, sans être contraints de changer de filière ni de repartir de zéro.
Ce retour d'une forme de redoublement encadré représente une rupture directe avec la logique du "one-shot" qui caractérise le PASS depuis 2020, et dont les effets sur la santé mentale des étudiants ont été documentés.
La réforme vise à standardiser les critères de sélection entre facultés : coefficients, formats d'épreuves, poids relatif des différentes matières. L'objectif est de rendre le système équitable indépendamment de la ville d'inscription, un problème structurel du système actuel qui n'avait pas été résolu par la réforme 2020.
C'est le point qui génère le plus de confusion. Voici l'état des choses au moment de la rédaction de cet article.
| Rentrée | Système en vigueur | Ce que ça implique |
|---|---|---|
| Septembre 2026 | PASS/LAS classique | Pas de changement. Les lycéens choisissent toujours entre PASS et LAS. |
| Septembre 2027 | Licence Santé Unique | Basculement vers le nouveau système sur l'ensemble du territoire. |
Le calendrier de mise en œuvre est confirmé par le Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Santé (communiqué de presse sur la réforme de l'accès aux études de santé, sante.gouv.fr) et précisé par plusieurs sources spécialisées (lepharmaciendefrance.fr, antemed-epsilon.fr).
La réforme modifie la forme des études de santé. Elle ne modifie pas leur fond.
Le volume de connaissances à maîtriser pour accéder à la deuxième année ne diminuera pas. La pression de la sélection reste présente, sous une forme ou une autre, elle est simplement redistribuée différemment. Et surtout, les mécanismes cognitifs qui déterminent si une information est mémorisée durablement ou oubliée rapidement ne changeront pas d'une réforme à l'autre. Ils sont biologiques, pas institutionnels.
Ce qui change réellement, c'est la réduction de l'asymétrie entre filières, le retour d'un filet de sécurité pour les étudiants proches du seuil, et une meilleure équité géographique dans la sélection. Ce sont des avancées réelles, en particulier sur la question du redoublement, qui corrige une injustice structurelle documentée depuis 2020.
Quelle que soit l'architecture du système, les recherches en sciences cognitives convergent sur les mêmes facteurs de réussite :
Ces trois principes sont les mêmes pour un étudiant en PASS 2026 et pour un étudiant en Licence Santé Unique 2027. La réforme change les règles du jeu. Elle ne change pas les lois de la mémoire.
👉 Pour voir comment ces principes s'articulent concrètement dans une approche de révision fondée sur la recherche : voir notre article La méthode Thalia : ce qu'en disent les sciences cognitives.
Les informations présentées ici sont basées sur les annonces officielles et les sources spécialisées disponibles au moment de la rédaction. Les réformes des études de santé en France ont une histoire de calendriers glissants et d'ajustements de dernière minute.
Les modalités exactes de la Licence Santé Unique, les critères précis de remédiation, et les coefficients du nouveau système n'ont pas encore été publiés dans leur version définitive. Consulte régulièrement les communications officielles de ta faculté et du Ministère pour rester à jour.
Le PASS/LAS tel qu'il existe depuis 2020 a vécu. Le système qui lui succédera à partir de 2027 promet plus d'équité, moins de brutalité sélective, et un filet de sécurité pour ceux qui passent près du seuil. Ce sont de bonnes nouvelles.
Mais si tu entres en première année à la rentrée 2026, la réforme ne te concerne pas encore. Ce qui te concerne, c'est de traverser une année exigeante avec les meilleures stratégies possibles. Pour y arriver, la meilleure solution c'est de te renseigner au mieux. Et pour ça, on t'a rédigé des articles sur tous les sujets importants, n'hésite pas à aller y faire un tour !
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